Lutter contre le ver de la framboise

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Le framboisier peut subir les attaques de plusieurs ravageurs, dont le ver de la framboise (la larve du byture) est celui susceptible de causer les dégâts les plus importants. Assez fréquent dans les cultures de framboises, ce ver s’attaque aux fruits en les rongeant, hypothéquant tout ou partie de la récolte. Comment éviter sa présence ou, à défaut, le reconnaître et l’éradiquer ?

Voici pas à pas comment lutter contre le ver de la framboise.

Zoom sur le ver de la framboise

Description du ver de la framboise

Le ver de la framboise est la larve d'un tout petit coléoptère (le byture, ou Byturus tomentosus, un insecte volant) de 4 à 5 mm de long sur environ 1 mm de large et possédant 3 paires de pattes.

Le corps de l’adulte est foncé et entièrement recouvert d’une courte pubescence marron clair. Il présente une tête relativement grosse à l’extrémité pourvue de 2 grosses antennes en massue. Il se nourrit de pollen de fleurs et de très jeunes feuilles dès que les températures sont supérieures à 17 °C environ.

Quant à sa larve (le ver des framboises), elle est allongée, couleur crème, parsemée de soies avec une plaque brune sur chaque segment et une tête plus foncée. Elle se nourrit des divers organes des fleurs puis des fruits, en y creusant des galeries.

Cycle de développement

Les insectes adultes sortent du sol pour s’envoler à partir de fin avril à la recherche de nourriture. On peut observer ces envols jusqu’en début juillet. C’est durant cette période qu’ont lieu les accouplements et ensuite la ponte des œufs.

Les femelles pondent durant une période de 2 mois environ (le plus souvent de début mai à début juillet) 2 à 3 œufs par jour, chacun dans une fleur différente, jusqu’en début de fructification. Ensuite, les pontes s’espacent jusqu’à atteindre au total 100 à 120 par femelle.

Après 1 semaine, ces œufs éclosent pour donner des larves.

Celles-ci se nourrissent et se développent dans les framboises pendant un peu plus d’un mois, jusqu’à une taille de 5 à 6 mm.

Une fois leur croissance terminée, les vers des framboises se laissent tomber au sol où ils s’enfouissent, jusqu’à 10 cm maximum, dans un cocon, sous forme de pupe.

Remarque : il n’y a qu’un seul cycle annuel du Byturus tomentosus. Pour des framboisiers remontants, il n’y aura plus d’insectes adultes (ni donc de vers) présents lors de leur 2e floraison et fructification en fin d’été.

Ces pupes hibernent ainsi jusqu’au printemps suivant pour s’y nymphoser en passant par le stade imago (dernier stade de développement, où naissent les ailes) et donner des coléoptères adultes qui sortent du sol pour s’envoler à partir de fin avril. Un nouveau cycle annuel commence alors.

Dégâts

Les attaques de ver de la framboise se traduisent par des perforations des boutons floraux puis l’apparition de framboises déformées, décolorées ou carrément avortées.

Au début d’une attaque, les dégâts occasionnés par les adultes aux framboisiers ne sont pas très importants. Ce n’est qu’avec le temps et le développement des larves qu’ils prennent plus d’ampleur.

À noter : ces attaques entraînent ensuite souvent l’apparition de pourriture grise.

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Espèces végétales attaquées

Le Byturus tomentosus s’attaque principalement aux framboisiers et aux ronces. Mais il peut arriver aussi qu’il se nourrisse d’autres rosacées : fraisiers, mais aussi pommiers, poiriers ou aubépines.

Toutefois, sa larve, le ver de la framboise, ne s’attaque qu’aux framboises et aux mûres.

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1. Diagnostiquez la présence du ver de la framboise

Voici les signes de la présence des coléoptères adultes, les bytures :

  • le grignotage et les perforations des bourgeons et boutons floraux ;
  • la déformation ou la décoloration des fruits ;
  • la présence de minuscules vers à l’intérieur.

Pour confirmer le diagnostic :

  • Capturez des insectes adultes présents dans vos cultures entre fin avril et juillet grâce à des pièges spéciaux englués.
  • Observez-les à la loupe pour voir s'il s'agit de bytures, qui donnent naissance aux vers de framboises.
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2. Si vous ne voyez pas encore de bytures, utilisez des méthodes de prévention

Les méthodes préventives se basent sur l’observation des comportements de ce coléoptère (le byture) et de sa larve (le ver de la framboise). Elles sont faciles à mettre en œuvre et ont un certain impact :

  • Tout d’abord, profitez de l’hiver pour déterrer les cocons enfouis en pratiquant un binage et un désherbage autour des pieds de framboisier. Soumises à l’action du froid et de prédateurs naturels, ces populations de larves exhumées seront largement diminuées.
  • Ensuite, à partir de fin avril, pulvérisez régulièrement sur vos framboisiers un purin de tanaisie. L'odeur a un effet répulsif sur les insectes adultes (comme sur d’éventuels pucerons).

Bon à savoir : certains conseillent d’associer à vos framboisiers des plantations de myosotis ou d’ail sauvage, qui auraient un effet répulsif. Mais cet effet n’a jamais été prouvé jusqu’à ce jour par des études sérieuses.

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3. En présence de vers de framboises, usez de traitements curatifs

Traitements respectant l’environnement

Procédez ainsi :

  • Pratiquez des pulvérisations de purin de tanaisie si vous apercevez la présence de vols d’insectes adultes.
  • Installez des pièges formés de plaques blanches engluées que l’on trouve dans le commerce. En effet, les Byturus tomentosus sont attirés par la couleur blanche.

Astuce : le prix de vente de ces pièges étant relativement élevé, fabriquez-les vous-même si votre carré de framboisiers est un peu important. Car, pour être efficaces, ces pièges sont à installer à raison de 1 pour 3 pieds de framboisiers. Installez les pièges en hauteur, à environ 1,5 m du sol, au moins 1 semaine avant le début des 1res floraisons.

  • Ou bien installez un autre type de piège, formé d’un récipient en plastique diffusant un parfum de fleur de framboisier et contenant une solution liquide huileuse et savonneuse dans laquelle les coléoptères adultes vont se noyer (un peu comme les pièges à guêpes). Pour augmenter leur attirance, ces pièges sont surmontés de deux plaques blanches disposées en croix.

À noter : installez ce type de piège dès l’apparition des 1ers boutons floraux, sans attendre le début de la floraison, qui commencera environ 15 jours après. Son fabricant conseille de l’installer à raison de 1 piège pour 50 à 100 m² de culture (mais cela paraît un peu optimiste), et de le laisser en place jusqu’à la fin de la floraison.

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Autres traitements

Si vous n’arrivez pas à vous débarrasser du ver de la framboise par la prévention et les méthodes naturelles, vous pouvez éventuellement recourir à des traitements à base de produits chimiques.

Cependant :

  • Les produits pesticides contenant des extraits de pyrèthre, insecticide naturel grâce aux pyréthrines qu’il contient, peu toxique pour l’homme et les animaux à sang chaud, sont en revanche un poison pour de nombreux animaux à sang froid : insectes (dont les abeilles et autres butineurs), poissons... Heureusement, ces pyréthrines se dégradent assez rapidement, notamment sous l’effet de la lumière du soleil, ce qui limite leurs effets néfastes. En cas d’usage :
    • Suivez bien les précautions d’emploi.
    • Utilisez-les au minimum, en complément seulement des précédentes méthodes.

Attention : la roténone, autre insecticide naturel parfois conseillé par certains, est interdite en Europe depuis 2009 (et définitivement depuis 2011), hormis quelques rares dérogations pour certains professionnels.

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  • Trois autres produits chimiques phytosanitaires, actuellement autorisés pour le traitement du ver de la framboise en France, sont fortement déconseillés :
    • la lambda cyhalothrine, un pyréthrinoïde (produit le plus commercialisé) ;
    • le thiaclopride, un néonicotinoïde ;
    • le diflubenzuron, un pesticide organo-fluoré.

Important : il vaut mieux laisser l’usage de ces produits aux professionnels, pour qui l’emploi est autorisé, en dehors de la présence des abeilles, pour une seule application par culture et sans dépasser une dose maximale fixée pour cet usage. En effet, du fait notamment de leur rémanence (persistance de l’activité dans le temps), leur utilisation cause des ravages, notamment parmi le rucher français. En outre, leur emploi n’est pas sans risques potentiels (immédiats et dans le temps) pour ses utilisateurs. Notez qu’ils ne doivent pas être employés au moins 7 jours avant la récolte des fruits pour protéger, cette fois, le consommateur de ces fruits traités.

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