Lutter contre le Pseudomonas corrugata de la tomate

Sommaire

La maladie de la moelle noire chez la tomate est due à une infection à Pseudomonas corrugata. Elle peut entraîner des dégâts importants dans vos plants, surtout s’ils sont cultivés sous abri.

Voici comment apprendre à diagnostiquer cette maladie infectieuse et lutter contre le Pseudomonas corrugata de la tomate.

Zoom sur Pseudomonas corrugata

Pseudomonas corrugata est une bactérie « Gram » dont il est difficile de prévoir les effets sur diverses espèces végétales.

Bon à savoir : la coloration de Gram est une méthode permettant de distinguer les bactéries présentes dans un milieu ou un produit en fonction de la couleur obtenue.

On dit de cette bactérie qu'elle est « ubiquiste » car elle n’est pas inféodée à une espèce végétale particulière. Comme elle n’entraîne pas systématiquement l’apparition de symptômes sur la plante qu’elle habite, on la qualifie également d’« opportuniste ».

Bon à savoir : Pseudomonas corrugata peut même avoir un effet protecteur contre d’autres bactéries néfastes telles que Clavibacter michiganensis ou de champignons tels que des Pythium ou Botrytis.

L'écologie particulière de cette bactérie explique que les dégâts qu’elle peut entraîner sur des cultures de tomates soient sans grande conséquence ou, au contraire, très graves.

Symptômes de la maladie de la moelle noire de la tomate

En France, la bactériose à Pseudomonas corrugata touche les cultures de tomates de plein champ mais, plus fréquemment, celles sous abri.

Paradoxalement, les premiers symptômes de cette maladie apparaissent sur des plants vigoureux à la tige épaisse.

  • Les folioles du sommet, qui ne croît plus, se recroquevillent et flétrissent aux heures de forte chaleur.
  • Des taches humides brun foncé apparaissent le long des tiges, recouvrant leur épiderme en grande partie ou entièrement.
  • Sur ces portions de tige tachées, se développent des racines adventives aériennes. Un écoulement muqueux peu important peut s’échapper des cicatrices foliaires lorsqu’il y en a.

Ces taches démarrent à la base des tiges lorsque les plants commencent à produire les premières tomates. Elles montent ensuite progressivement le long des tiges, allant jusqu'à entraîner la mort des plants les plus malades.

Bon à savoir : si les plants ne sont que légèrement atteints et si les conditions climatiques cessent d’être favorables au développement de la maladie, celle-ci peut régresser.

Quant à la répartition des plants présentant des symptômes, elle peut varier : au hasard en extérieur ou par foyers sous abri.

Dégâts provoqués par une infection à Pseudomonas corrugata

Outre la mort de certains plants atteints, Pseudomonas corrugata peut provoquer le pourrissement des tomates sur d’autres plants moins atteints.

Bon à savoir : en cas de semis de tomates en pépinière, cette bactérie peut causer des dégâts très importants.

Sources d’inoculation

Comme la bactérie est ubiquiste et opportuniste, elle peut survivre dans le sol autour des racines de diverses plantes cultivées ou sauvages. Certaines pourront présenter des symptômes de moelle noire (aubergine, poivron, concombre…), alors que d’autres l’hébergeant au niveau racinaire comme sur leurs parties aériennes n'en manifesteront aucun (pomme de terre, brocoli, blé, luzerne, vigne, fraisier…).

Mode d’inoculation et de dissémination

Pseudomonas corrugata se multiplie dans le sol enveloppant le système racinaire des tomates. Elle peut pénétrer dans ces plants par diverses blessures situées sur les racines ou au bas des tiges et s’y développer d’abord dans la moelle, puis les vaisseaux et enfin l’épiderme.

De là, cette bactérie peut facilement se disséminer vers d’autres plants (par pluie, arrosage, contact…).

Facteurs favorisant le développement de la moelle noire

Les principaux facteurs déclenchant la maladie sont :

  • une irrigation excessive ;
  • un apport azoté trop important ;
  • un temps humide peu ensoleillé.

Ainsi, des périodes de temps couvert ou de nuits froides associées à une hygrométrie élevée sous abri entraînent souvent des épisodes de maladie. De même, la présence d’eau sur les parties aériennes des plants ainsi que les plaies résultant des tailles ou effeuillages en partie basse des tiges favorisent le déclenchement ou l’extension de la moelle noire.

Bon à savoir : pour le moment, il n’existe pas de variétés de tomates résistantes sur le marché.

1. Prévenez une infection à Pseudomonas corrugata chez la tomate

Comme pour d’autres infections bactériennes, vous pouvez adopter quelques mesures simples pour prévenir le déclenchement d’un épisode de maladie de la moelle noire.

  • En cas d’infestation de votre culture l’année précédente, pratiquez si vous le pouvez une rotation de culture avec d’autres plantes habituellement indemnes.
  • Évitez des apports azotés trop importants, privilégiez des apports potassiques.
  • Proscrivez les arrosages par aspersion et limitez les quantités d’eau apportées à l’approche de la période sensible.
  • Sous abri, prévoyez une bonne ventilation de vos cultures de façon à éviter l’élévation de l’hygrométrie sur place.
  • Enfin, ne travaillez vos plants que lorsque feuilles et tiges sont bien sèches.

Bon à savoir : un paillage plastique noir favoriserait l’apparition de la maladie.

2. Diagnostiquez une infection à Pseudomonas corrugata de la tomate

Dès qu’apparaissent des signes de flétrissement à l'extrémité des tiges aux heures les plus chaudes de la journée, vous pouvez suspecter une infection à Pseudomonas corrugata. Pour confirmer le diagnostic :

  • pratiquez des coupes de ces tiges aussi bien longitudinales que transversales ;
  • puis observez l’état de la moelle dans les vaisseaux.

Selon le degré de l’infection, la moelle a des aspects différents :

  • le plus souvent brune et nécrotique, elle peut rester parfois ferme et blanche au centre mais avec un brunissement et une nécrose des tissus entourant les vaisseaux du bois contigus, qui vont du jaune foncé au brun clair ;
  • d’autres fois, ce sont les vaisseaux eux-mêmes qui finissent par brunir et se nécroser ;
  • enfin, lorsque l’infection est largement installée, la moelle se désagrège, libérant des cavités limitées ou l’évidement complet des tissus brunis ; ces altérations peuvent alors s’étendre aux pétioles des feuilles ou dans le pivot racinaire et ses principales racines adjacentes.

3. Luttez contre une attaque à Pseudomonas corrugata

Si en dépit de mesures préventives et d'un environnement climatique défavorable la maladie se déclare, sachez qu'il n’y a actuellement aucun traitement efficace et agréé pour la traiter.

Comme pour le chancre de la tomate, seule l’éradication des plants fortement symptomatiques et les plus proches peut vous permettre de ralentir son expansion.

Important : brûlez ensuite ces plants de tomates ou chaulez-les à la chaux vive.

En revanche, la maladie peut être réversible sur des plants peu infectés pour peu que les conditions climatiques s’améliorent (forte chaleur pas trop humide et forte lumière solaire).

Ces pros peuvent vous aider