En bref
- La greffe améliore la résistance aux maladies racinaires comme le mildiou, la fusariose et la verticilliose
- Le système racinaire plus développé du porte-greffe augmente la vigueur et la production des plants greffés
- La méthode japonaise et la greffe en fente constituent les techniques les plus fiables pour débuter
- La phase de confinement avec une humidité élevée détermine la réussite de la greffe
Pourquoi greffer des tomates ?
Le greffage de la tomate présente plusieurs intérêts majeurs pour les jardiniers. La vigueur accrue du plant greffé permet d’obtenir une production plus importante sans augmenter le nombre de pieds cultivés. Le porte-greffe, choisi pour sa robustesse, confère au greffon une meilleure résistance aux maladies racinaires telles que la fusariose, la verticilliose et certaines formes de mildiou.
Les variétés sensibles à la nécrose apicale, comme la Cornue des Andes ou la San Marzano, bénéficient particulièrement du greffage. Le système racinaire plus développé du porte-greffe améliore l’absorption de l’eau et des nutriments, réduisant ainsi les problèmes liés aux carences hydriques. La greffe de tomate permet aussi de cultiver des variétés peu productives mais savoureuses, comme l’ananas noire ou la Jaune du Lac de Bret, avec un rendement satisfaisant.
Choix du porte-greffe et des variétés à greffer
La sélection du porte-greffe détermine en grande partie la réussite de la greffe. Les hybrides F1 comme Arnold, Groundforce, Brigeor, Maxifort ou Spirit offrent une vigueur remarquable grâce au phénomène d’hétérosis. Ces variétés présentent une résistance naturelle aux principales maladies racinaires et s’adaptent bien aux conditions climatiques variables.
Pour les jardiniers qui préfèrent les variétés reproductibles, la tomate groseille « Petit moineau » (Lycopersicon pimpinellifolium) constitue un excellent choix. Cette variété sauvage résiste naturellement au mildiou, à l’oïdium et supporte bien la sécheresse. Le choix des variétés à greffer se porte généralement sur les tomates anciennes ou peu vigoureuses, les variétés sensibles à la nécrose apicale, ou les types à gros fruits qui demandent beaucoup d’énergie à la plante.
Techniques de greffage
La greffe japonaise
La greffe japonaise représente la méthode la plus fiable pour débuter. Cette technique consiste à réaliser des coupes en biseau à 45° sur le porte-greffe et le greffon, puis à assembler les deux parties avec une pince en silicone. Le diamètre des tiges doit être similaire, idéalement entre 1,5 et 2,5 mm. La coupe s’effectue à 2-3 cm au-dessus du sol pour le porte-greffe et au-dessus d’un nœud pour le greffon.
La greffe en fente
La greffe en fente convient aux tiges plus épaisses, de 3 à 4 mm de diamètre. Cette méthode implique de réaliser une fente verticale de 2-3 cm dans le porte-greffe, puis de tailler le greffon en double biseau pour l’insérer dans cette fente. Une ligature ou une pince maintient l’assemblage pendant la cicatrisation. Les techniques de greffe varient selon la taille des plants et l’expérience du jardinier.
La greffe par approche
La greffe par approche présente l’avantage de ne pas nécessiter de confinement. Cette technique rapproche deux plants encore enracinés pour les fusionner progressivement. Des entailles complémentaires sont réalisées sur les deux tiges, puis maintenues en contact par une ligature. Après 3 semaines de cicatrisation, le greffon est coupé sous le point de greffe. Cette méthode permet aussi de greffer deux variétés différentes sur un même plant.
Matériel et préparation
Le greffage de la tomate nécessite un matériel spécifique pour garantir la réussite. Une lame fine, type scalpel ou cutter, permet de réaliser des coupes nettes et précises. Les pinces en silicone ou les ligatures (raphia, film étirable) maintiennent l’assemblage pendant la cicatrisation. Un désinfectant à base d’alcool nettoie les outils entre chaque greffe pour éviter la transmission de maladies.
La synchronisation des semis constitue un point déterminant. Le porte-greffe se sème généralement 10 à 15 jours avant le greffon pour obtenir des diamètres de tiges similaires au moment du greffage. Les plants sont prêts à greffer quand ils atteignent 15-20 cm de hauteur et présentent 4 vraies feuilles bien développées.
Phase de confinement et soins post-greffe
La phase de confinement détermine la réussite de la greffe. Cette étape consiste à maintenir les plants greffés dans une atmosphère saturée en humidité, proche de 100%, pendant 15 à 20 jours. Une mini-serre ou un bac plastique hermétique avec un fond d’eau crée les conditions idéales. La température doit rester stable entre 24 et 28°C, et la lumière directe du soleil est à éviter.
L’ouverture progressive du confinement débute vers le 4e ou 5e jour. Les plants s’acclimatent graduellement aux conditions normales de culture. Le porte-greffe et le greffon fusionnent complètement au bout de 3 semaines environ. Les pinces en silicone tombent naturellement avec l’épaississement de la tige et ne doivent pas être retirées manuellement.
Greffes particulières
Greffe de tomate sur aubergine
La greffe de la tomate sur aubergine exploite la vigueur naturelle de cette dernière. L’aubergine, coupée à 2-3 cm du sol, reçoit un gourmand de tomate taillé en biseau. Cette technique améliore la résistance aux conditions chaudes et la vigueur générale du plant. La culture se poursuit en maintenant une humidité élevée et une température tiède pendant la première semaine.
Greffe sur pomme de terre
La greffe de la tomate sur pomme de terre constitue une curiosité botanique qui permet une double récolte. Un tubercule de pomme de terre germé en pot fournit le porte-greffe. Une tige de pomme de terre, sélectionnée et coupée à 5 cm du tubercule, reçoit un greffon de tomate. Cette technique produit des tomates en été et des pommes de terre en automne, bien que les rendements restent modestes.
Conduite et entretien des plants greffés
Les plants greffés demandent quelques adaptations dans leur conduite. La vigueur accrue permet de mener le plant sur 2 ou 3 tiges au lieu d’une seule. Cette conduite multiple augmente la production tout en optimisant l’espace au jardin. Le tuteurage doit être renforcé pour supporter le poids supplémentaire des fruits.
L’arrosage des plants greffés suit les mêmes règles que pour les tomates classiques, mais la résistance à la sécheresse est améliorée grâce au système racinaire plus développé. Les apports d’engrais peuvent être légèrement réduits car l’absorption des nutriments est plus efficace. La surveillance des maladies foliaires reste nécessaire, car la greffe ne protège que contre les affections racinaires.
FAQ
Quand faut-il greffer les tomates ?
Le greffage s’effectue environ un mois après le semis, quand les plants atteignent 15-20 cm de hauteur avec 4 vraies feuilles. Le diamètre des tiges doit mesurer entre 1,5 et 2,5 mm pour la greffe japonaise, ou 3-4 mm pour la greffe en fente.
Peut-on greffer toutes les variétés de tomates ?
Toutes les variétés peuvent être greffées, mais l’intérêt varie selon le type. Les variétés anciennes, sensibles à la nécrose apicale ou peu vigoureuses bénéficient le plus du greffage. Les tomates cerises, déjà très vigoureuses, présentent moins d’intérêt à être greffées.
Combien de temps faut-il pour qu’une greffe prenne ?
La cicatrisation débute dès les premiers jours et se consolide en 15 à 20 jours. La fusion complète des tissus s’achève au bout de 3 semaines environ. Les pinces tombent naturellement quand la tige s’épaissit suffisamment.
Les tomates greffées ont-elles un goût différent ?
Le goût des fruits dépend uniquement du greffon et non du porte-greffe. Une tomate greffée conserve exactement la même saveur que la variété d’origine. Seules la vigueur et la résistance aux maladies racinaires sont modifiées par la greffe.